Après 5 vols et environ 4 heures de vol sur l’ULM « Skylane », voici un petit débriefing de mes impressions. Vous pouvez aussi lire le récit de mon premier vol sur cet appareil ici : http://cockpiter737.canalblog.com/archives/2013/05/15/27160657.html

Tout d’abord, cet avion est radicalement différent du DR400, avion sur lequel j’ai environ 40 heures de vol. Le Robin est un avion d’école qui pardonne beaucoup de petites erreurs de pilotage, ce qui n’est pas le cas du Skylane. Cet ULM est exigeant à l’atterrissage, ce qui rend son pilotage pas évident quand on débute.

J’avais l’habitude depuis plus de 2 ans de voler seul en DR400, mais en volant les premières fois sur Skylane, j’avais l’impression de ne plus savoir piloter du tout ! Cela dit, ce fut également le cas de mon instructeur à ses débuts en ULM.

Mes impressions sur mes premiers vols avec le F-JSAB, après 40h de DR400 :

Le roulage est rendu délicat par la roulette de nez dite « folle », c’est-à-dire que le Skylane se pilote au sol avec l’aide des freins différentiels, ce qui fait tout drôle quand on a l'habitude du confort de la roulette de nez directrice couplée aux palonniers du Robin...

Le décollage est très rapide. En 150m, le Skylane est en l’air !  (VR=70-80 km/h). Ce n’est pas évident à gérer car on a à peine le temps de mettre plein gaz (5000 tr/min) et de stabiliser l’avion dans l’axe de la piste que l’on doit déjà faire la rotation.

La montée est impressionnante. La vitesse de montée initiale est de 110 km/h, puis on prend 120 (à 4800 tr/min) une fois les volets rentrés. Cela donne une assiette qui ne permet pas de voir l’horizon devant sois ! Et pourtant je mesure 1m 90 !

En croisière, rien à dire. Avion très stable, croisant à 200 km/h à 4400 tr/min avec un moteur Rotax de 80cv. Consommation d’environ 12-13L à l’heure (SP 98).

Ca se complique à l’atterrissage… vent arrière à 140 km/h (3500 tr/min) puis 120 km/h. Etape de base à 100-110 km/h (avec 1 cran de volet) puis finale à 90 km/h (2 crans de volet), toucher de roues à 65-70 km/h. Vous remarquez une vitesse faible à l’atterrissage, mais le Skylane est si léger que quelques nœuds de vent de travers suffisent pour compliquer la tache du pilote, qui en plus doit être précis dans son plan et ses vitesses car l’appareil n'aime pas les atterrissages « virils » (ce n’est pas un Rallye ou un Robin !). De plus, si on tire un peu trop sur le manche au moment de l’arrondi, on reprend vite de l’altitude (poids plume de l’avion) et une remise des gaz s’impose. On sent bien la différence entre un ULM et un avion classique!

Bref, avec du recul, il me semble que le pilotage du DR400 est bien plus "simple" que celui du Skylane. Cela dit, c’est toujours bon de savoir voler avec ce genre de machine car c’est super pour l’apprentissage du pilotage de "précision"! Je pensais très vite convertir mon brevet de base en brevet ULM, mais il faut presque tout réapprendre, et tabler sur 10-15 heures de vol en moyenne pour la conversion. Pour divers raisons je n’ai pu voler que 5 fois cet été. En plus, pas de bol, on a dû annuler un vol à la dernière minute (j’étais déjà sur le tarmac) à cause de l’atterrissage sur le ventre d’un petit ULM à train rentrant (qui décidément ne voulaient plus sortir) sur le terrain ! Impressionnant à voir, mais heureusement pas de gros bobos pour le pilote.

La suite au prochain épisode !

En attendant, série de photos : 

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En bonus: photo d'un atterrissage sur le ventre d'un ULM à Cuers (à priori un VL3, ULM hautes-performances).

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