L’Embraer 120 est un petit avion de ligne à turbopropulseurs construit par l’avionneur Brésilien Embraer produit de 1983 à 2001. Il permit à Embraer de se faire une place sur le marché des avions régionaux et fut construit à plus de 350 exemplaires (plus de 150 sont encore en service de nos jours). Surnommé le « Brasilia », il servit de base au développement de la famille des ERJ (Embraer Regional Jet) dans les années 1990.

L’Embraer 120 était un appareil apprécié des pilotes et des mécaniciens. Il était intéressant à piloter et relativement simple d’entretien. De plus, il était rapide, relativement fiable et économique. Une réussite sur de nombreux points ! On regrettera seulement le fait qu’il était très bruyant et qu’il connu de graves problèmes au niveau de ces hélices, qui causèrent plusieurs accidents mortels. Une fois les problèmes d’hélices résolus, les « 120 » ne firent plus jamais parler d’eux en matière de sécurité. 

De nos jours, il n’est malheureusement pratiquement plus en service en Europe. La compagnie Air France (Regional Airlines) en aura possédé jusqu’à 18 dans sa flotte jusqu’en 2008 où il quitta la compagnie nationale pour être remplacé par les ATR 42 et les Embraer 145. Le « Brasilia » reste néanmoins en service, principalement en Amérique du nord.

Le petit Embraer restera dans le cœur de nombreux pilotes français car il fut pour beaucoup une porte d’entrée dans la compagnie Régional Airlines. Environ un tiers des pilotes de cette compagnie ont piloté le « Brasilia » et les trois quart y ont débuté leur carrière de pilote. D’après le témoignage de certains pilotes ou PNC, c’est un avion qui a beaucoup plu et ce n’est pas sans verser une petite larme qu’ils l’ont vu quitter le groupe Air France.

Le « 120 » n’est pas particulièrement facile à piloter. En effet, il demande une certaine rigueur car assez dur aux commandes à certaines vitesses (ce qui impliquait une certaine gestuelle entre les gouvernes, le trim et la manette des gaz). De plus, Les commandes de vol étant à câbles, c’était un avion assez physique à piloter. Mais bon… En opposition avec les Airbus si répandus, le « Brasilia » fait parti des avions qui se « pilotent » vraiment… L’appareil disposait de systèmes assez complexes ce qui le rendait très intéressant pour les jeunes pilotes qui pouvaient y voir une très bonne plateforme de formation. Le charme du « 120 » résidait aussi dans le fait que c’était un avion de ligne à taille humaine, car ne pouvant accueillir qu’une petite trentaine de passagers. 

Longueur

20m

Envergure

19.71m

Hauteur

6.35m

Motorisation

2 x Pratt & Whitney PW118A de 1800 cv chacun.

Capacité passagers

30 passagers, 1 PNC et 2 PNT (2+1 sièges de front)

Capacité carburant

2 réservoirs situés dans les ailes : 1670 L chacun (3340 L au total)

Volume soute à bagage

6.4m²

Masse max au décollage

11 990 kg

Masse à vide

7 150 kg

Diamètre du fuselage

2.28m

Hauteur de la cabine

1.76m

Vitesse maximale

327 nœuds (606 km/h)

Vitesse de croisière

300 nœuds (555 km/h)

Altitude maximale

32 000 pieds (10 500m)

Distance de décollage

1550m (variable)

Distance d’atterrissage

1390m  (variable)

Rayon d’action

1482 km

Du fait de la relative petite taille de l’Embraer 120, les commandes de vol en roulis (ailerons) et en tangage (gouverne de profondeur) se contrôlent par câbles, mais le lacet (gouverne de direction) est actionné par un vérin hydraulique. Comme sur beaucoup d’avions, en cas de défaillance d’un des yoke, il est possible de le déconnecter en vol grâce à une petite poignée rouge. Cette action doit être effectuée uniquement en cas d’extrême urgence car irréversible en vol. Le « 120 » dispose aussi d’un « Gust Lock » qui bloque les gouvernes et la manette des gaz quand l’avion est au parking.

Le « Brasilia » dispose de deux circuits hydrauliques : un « vert » et un « bleu ».  Le vert alimente les trains d’atterrissage (déploiement), une partie des freins, la roulette de nez, une partie des volets et la gouverne de direction (qui peut être actionnée par câbles en cas de défaillance du circuit hydraulique). Le circuit bleu alimente les freins d’urgence, une partie des freins, une partie des volets et également la gouverne de direction. 

L’Embraer 120 ne dispose que d’une motorisation : le Pratt & Whitney PW118A de 1800 chevaux. Ce turbopropulseur dispose de deux compresseurs radiaux (un basse pression et un autre haute pression), reliés par arbre à deux turbines axiales (une basse pression et l’autre haute pression). En aval se trouve une turbine libre à deux étages qui elle est reliée à un réducteur (rapport de réduction = 15.38). Ce réducteur est couplé à une hélice (à pas variable) de 4 pales Hamilton Sundstrand 14RF-9 de 3,2m de diamètre. 

L’APU (en option) est un Honeywell GTCP36-150 situé dans le cône arrière (le « Brasilia » dispose de démarreurs électriques pour ses deux turbomoteurs). L’appareil est équipé d’une avionique Rockwell Collins Pro Line II, intégrant des écrans EFIS ainsi que de nombreux cadrans